Ray Nayler

BIOGRAPHIE

Ray Nayler, de son nom complet Raynald Patrice Desmeules Nayler, est né à Alma, une petite ville dans le nord du Québec. Sa mère est originaire de Californie, mais son père biologique est Canadien français. Le français a été sa première langue et il l'a parlée jusqu'à ce qu'ils déménagent pour Fremont, en Californie, où il a grandi.

Adulte, il a d'abord servi comme volontaire dans le Peace Corps au Turkménistan. Il a ensuite résidé en Russie, au Tadjikistan, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Afghanistan pour l'assistance au développement. De 2003 à 2018, il n'a passé au total que deux ans et demi dans sa patrie, près de Washington D.C. À partir de 2010 il a travaillé au Vietnam, à nouveau au Kirghizistan, en Azerbaïdjan et au Kosovo, comme agent du Service extérieur des États-Unis, dans le développement éducatif international.

Russophone, c'est un grand lecteur de science-fiction russe, ainsi que de science-fiction polonaise dans des traductions russes. Il a également appris le turkmène, l'albanais, le turc d'Azerbaïdjan et le vietnamien.

En 2018, il était attaché de presse à l'ambassade des États-Unis à Bakou, en Azerbaïdjan [dernière activité professionnelle connue].

Son premier récit de science-fiction, Mutability, est apparu dans Asimov's en 2015. Depuis, il a multiplié les supports, en particulier Asimov's et Clarkesworld, et a figuré dans plusieurs Year's Best, de Gardner Dozois, Rich Horton, Neil Clarke ou Allan Kaster. Il a remporté le prix 2021 des lecteurs de Clarkesworld pour sa nouvelle Yesterday's Wolf.

Même si la science-fiction est son genre de prédilection, il a aussi écrit des textes de littérature générale, des nouvelles policières, des scénarios de comics et des poèmes.

Il a également traduit du russe deux textes d'Anastasia Bookreyeva : Terra Rasa (Clarkesworld #173, février 2021) et Sissors (Samovar, octobre 2021).

Dans le domaine de la science-fiction, ses plus grandes influences sont James Tiptree, Jr. et Stanislas Lem, ainsi que Dick, Sturgeon, Le Guin, Leiber et Wolfe. Patricia Highsmith a eu également une importance considérable sur lui en tant qu'écrivain, mais c'est William Shakespeare qu'il place au-dessus de tous.

Il se lève à cinq heures tous les matins et il écrit pendant une heure avant d'aller au travail. Il lui arrive aussi d'écrire le soir ou le week-end, mais l'essentiel est cette heure du matin.

Ray Nayler vit à Pristina, au Kosovo, avec sa femme Anne, leur fille Lydia et deux chats adoptés.

Sources :

Sitepersonnel (consulté en novembre 2021) ; Q&A with Ray Nayler (consulté en décembre 2021) ; Author Spotlight: Ray Nayler (consulté en décembre 2021)

UNIVERS

- Sylvia Aldstatt (uchronie)

En 1938, une soucoupe volante extraterrestre s'est écrasée dans un désert de l'ouest américain. Grâce à la rétro-ingénierie, cette découverte a déclenché un boom économique et bouleversé les technologies. Non seulement les États-Unis ont ainsi vaincu les Nazis mais Patton a chassé l'armée soviétique de Tchécoslovaquie, de Pologne et d'autres pays occupés pour la repousser jusqu'à Moscou où Joukov a succédé à Staline mort. En Asie, après la reddition japonaise, les États-Unis ont apporté leur soutien à Tchang Kaï-chek et écrasé les communistes. D'autres épisodes ont été moins glorieux comme le massacre des Nippo-Américains dans le camp d'internement de Manzanar. La guerre a eu un autre effet : les femmes se sont battues et ont obtenu le droit de ne pas redevenir de simples épouses au foyer.

F. D. Roosevelt, fort de sa victoire militaire à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, se présente aux élections pour un septième mandat dans la première histoire, The Disintegration Loops. On peut en déduire qu'elle se déroule en 1956.

Pendant la guerre, Sylvia Aldstatt a travaillé dans le Corps technique de la générale Hedy Lamarr. Les horreurs vécues l'ont durablement marquée au point qu'elle en conçoive de sérieux doutes sur l'identité des "bons". À la recherche d'un job d'étudiante alors qu'elle était inscrite à l'Université de Californie en psychologie, elle a passé des tests à OpsLab avec des volontaires. Les neuf autres étudiants sont morts. Pour une raison inconnue, Sylvia est la seule capable de piloter, sans en mourir, la technologie des boucles, récupérée des extraterrestres sans qu'on en comprenne le fonctionnement. Sylvia est donc la seule personne à contrôler les boucles pour l'OSS, malgré son refus d'intégrer ce corps. Elle tient à rester civile et indépendante. En échange elle reçoit une belle somme d'argent. Entre-temps, elle a obtenu son diplôme de premier cycle et commencé son doctorat. Le pilotage des boucles est tellement pénible que les séances sont limitées à deux ou trois par mois et suivies d'un repos complet. Elle est aidée par Alvin Greenly, un agent de l'OSS, qui la soutient moralement et est devenu un ami. Pour pouvoir être contactée à tout moment, elle porte un traceur provenant de l'engin extraterrestre, dont aucune rétro-ingénierie n'a pu percer le secret.

- Istanbul Protectorate (SF)

Ces histoires se déroulent dans un avenir où des consciences humaines peuvent être téléchargées dans des corps disponibles, nommés réceptacles [traduction par Henri-Luc Planchat du terme blanks utilisé dans la VO]. Le Protectorat est à l'origine de l'Institut "gavé de subventions, de partenariats publics-privés, de réseaux de fondations finançant toutes sortes de choses que les riches espéraient voir les rendre plus riches ou sauver leurs âmes"(A Threnody for Hazan). Le Protectorat a acheté le lycée grec orthodoxe de Fener pour en faire une école pour orphelins de guerre (Return to the Red Castle) et dispose d'un Haut Commissariat à la sécurité (Winter Timeshare).

De son propre aveu, Istanbul est la ville préférée de Ray Nayler, ce qui peut expliquer pourquoi le Protectorat d'Istanbul est également mentionné dans A Rocket for Dimitrios, une novella située dans l'univers Sylvia Aldstatt.

ROMANS

R.01 The Mountain in the Sea (SF), MCD/Weidenfeld & Nicolson, octobre 2022

Le Dr. Ha Nguyen est une spécialiste des octopodes sur lesquels elle a écrit un livre. Elle y explique que, malgré leur intelligence, ils ne peuvent bâtir une culture à cause de leur brève durée de vie et de leurs faibles liens inter et intragénérationnels, en plus de leur individualisme. Cependant, l’importance de l’ARN dans leur physiologie leur confère des capacités d’évolution remarquables et les pressions environnementales dues aux humains pourraient jouer le rôle de déclencheur. L’entreprise technologique internationale DIANIMA embauche Ha et la charge de poursuivre ses recherches sur l’archipel Con Dao, au Vietnam. Elle y rencontre Evrim, le seul androïde jamais créé. Après avoir suscité l’enthousiasme, il a déclenché des torrents de haine et des lois interdisant la conception d’autres androïdes. DIANIMA qui est à l’origine d’Evrim a décidé de le reléguer sur l’archipel. Altantsetseg, une vétérane de la guerre d’hiver sino-mongolienne, est chargée d’assurer la protection de Ha et d’Evrim.

À Astrakhan, Rustem est un génie des réseaux neuronaux qu’il est capable d’analyser sans même utiliser de RV ou de modèles 3D. Une mystérieuse femme au visage dissimulé par un abglanz lui offre une somme d’argent considérable pour trouver une porte d’entrée dans un connectome qu’elle lui soumet.

Jeune programmeur, Eiko a quitté le Japon pour la Zone de commerce autonome de Ho Chi Minh dans l’espoir d’être embauché par DIANIMA. Victime d’un proxénète, il a été drogué lors de relations sexuelles avec deux prostituées et se retrouve maintenant réduit à l’esclavage sur un navire de pêche automatisé.

Tous vont partir, sans l’avoir voulu, à la découverte des autres, d’eux-mêmes et d’une intelligence extra-humaine, sinon extraterrestre. (P.C.)

Le roman ne semble pas se rattacher à l’univers Istanbul Protectorate, ne serait-ce que parce qu’il y est plutôt question de la République d’Istanbul. On y retrouve cependant l’abglanz, une technologie permettant de dissimuler un visage sous l'apparence d’autres visages mouvants ou de figures abstraites, qui apparaissait déjà dans WinterTimeshare, mais également dans A Rocket for Dimitrios, de l'univers Sylvia Aldstatt.

L'avis de Gromovar, Quoi de neuf sur ma pile, novembre 2022 (consulté en novembre 2022)

SÉLECTION DE RÉCITS

2015 Mutability (nouvelle, SF), Asimov’s, juin 2015

LienInternet (consulté en novembre 2021)

Le café frôle la perfection avec ses diverses influences architecturales. Le propriétaire se tient toujours au bar, occupé à une partie d’échecs contre un de ses trois adversaires habituels. Cet établissement donne à la fois l’impression d'être sans âge et de changer sans cesse. Sebastian l'a trouvé à un moment terrible de sa vie et il s’y sent le bienvenu. On le connaît, mais on le laisse tranquille et il y travaille mieux qu’à la maison.

Il a remarqué la femme avant même qu’elle s’approche de lui. Plus précisément, il a remarqué qu’elle l’avait remarqué. Le lendemain, elle est là de bonne heure. Le quatrième jour, elle lui propose de l'accompagner chez elle, elle a quelque chose à lui montrer. Elle s’appelle Sophia.

Là, elle tend à Sebastian une enveloppe dont il sort une photo, très ancienne. On y voit un homme et une femme, vêtus de tenues démodées. Enlacés, ils paraissent très heureux. La photo paraît remonter à quatre siècles. Sophia se souvient l’avoir trouvée dans un livre abîmé, mais rien de plus La femme est Sophia, l’homme est Sebastian, mais aucun d’eux ne se souvient de cette scène. Pour ces êtres humains dont l'existence se compte en siècles et qui n'ont aucun besoin de travailler pour vivre, c'est le début d'une exploration de souvenirs enfouis. (P.C.)

Le livre auquel il est fait allusion dans le récit est Franny and Zooey de J.D. Salinger.

Repris dans l’anthologie The Year's Best Science Fiction & Fantasy 2016 Edition, ed. Rich Horton, mai 2016

2016 Do Not Forget Me (nouvelle, fantasy), Asimov’s, mars 2016

Lien Internet (consulté en novembre 2021)

"[...] a fantasy story-within-a-story set in the Middle East in the age of travel by horse. The story’s virtue is not its quick start: the outer layers of framing about the story consume three pages before we learn what the wanderer tells the poet who tells the narrator who tells his wife. The piece reflects an oral story-telling tradition that includes adding details about a story’s origin to increase listeners’ confidence in its truth. . [...]" (C.D. Lewis, Tangent Online, mars 2016)

2017 Winter Timeshare (nouvelle, univers Istanbul Protectorate), Asimov’s, janvier-février 2017

Dans un lointain avenir, le service dont dépend Regina a obtenu un contrat d’une Commission des Nations Unies pour réaliser l'analyse la plus détaillée possible de la guerre du Péloponnèse, ce qui lui a valu de combattre dans une simulation de la bataille de Sphactérie pour fournir des données à d'autres équipes d'analystes. De son côté, Ilkay travaille dans un service classifié, coupé du reste du monde, d'où elle s'attaque à des problèmes de sécurité que seule une savante combinaison de raison et d'intuition peut démêler.

Il y a de nombreuses années, Regina et Ilkay se sont rencontrées par hasard dans le monastère de Saint-Georges à Istanbul et sont aussitôt tombées amoureuses. Depuis, elles se retrouvent chaque hiver dans cette même ville,

Une fois encore, Regina attend à une table d’un café en plein air. Peu habituée encore à sa main musclée et bronzée, elle renverse sa tasse de thé. Quand Ilkay arrive, elle embrasse son amie et s’étonne de son présent réceptacle. Regina répond, en regardant le dos poilu de sa main, que celle qu’elle avait réservée a été prise par quelqu’un d'autre et qu’elle a dû se contenter de celle qu’elle porte. Ilkay la rassure. Ce n’est pas grave, l’important, c’est qu’elle est là, qu’elle n’a pas eu de contretemps et n’a pas changé d’avis.

Cependant, à Istanbul, tous les locaux n’apprécient pas ces réceptacles dont la présence se fait, selon eux, trop sentir. Pour eux, les morts doivent rester morts. (P.C.)

Repris dans l’anthologie The Year's Best Science Fiction: Thirty-Fifth Annual Collection, ed. Gardner Dozois, juillet 2018

Repris dans l’anthologie The Year's Best Science Fiction & Fantasy 2018, ed. Rich Horton, juillet 2018

Repris dans l’anthologie The Very Best of the Best: 35 Years of The Year's Best Science Fiction, ed. Gardner Dozois, février 2019

2018 A Threnody for Hazan (novelette, univers Istanbul Protectorate), Asimov’s, mars-avril 2018

Lien Internet (consulté en novembre 2021)

Nul n'est mieux placé que le Professeur Baris Burakgazi pour dresser un portrait du Professeur Hazan fidéle à l'original. Secrète, calculatrice, manipulatrice, elle était tout cela à la fois. On l’a détestée, méprisée, mais elle a vu la voie à suivre et elle a agi.

Boris a été son plus proche collaborateur bien que leur première rencontre fût due au hasard. Pour elle, il a menti, il a profité de ses relations et de sa position. À la fin, il a tout perdu.

Le point de départ fut la réalisation du connectome humain, la carte des connexions synaptiques, des axones et des dendrites qui composent la forêt du cerveau. Ensuite, on a découvert la loi de Keiser, selon laquelle la conscience d'un être vivant ne se duplique pas, mais se déplace - de l'original vers la copie - puis transmigre à nouveau, si la copie est soudainement désactivée ou détruite, emportant avec elle des souvenirs qui s'effacent comme des rêves s'évanouissent avec l'aube.

C’est alors que Hazan est arrivée, tout en génie et en force. Elle a appelé son invention "le linceul". Il s'agit, en fait, d'un réseau neuronal semblable à la gaze la plus fine, Indétectable, il est capable de se "réveiller" après son insertion dans la simultanéité, et de se "rendormir" après un temps déterminé. Il peut transporter un esprit conscient dans le passé - et peut-être le ramener.

Aujourd’hui, Baris Burakgazi lit le carnet dans lequel Hazan a consigné les résultats de ses expériences. Hazan qui a toujours été obsédée par la guerre, par les vrais témoins de l'histoire, ceux qui ne publient pas de mémoires. (P.C.)

Ce récit a pour origine la lecture de The Connectome de Sebastian Seung, Losing the War, un essai de Lee Sandlin sur la Seconde Guerre mondiale et une actualité sur la mort d'un poissonnier marocain, écrasé à mort par un camion à ordures alors qu'il tentait de récupérer du poisson que la police lui avait confisqué illégalement.

L'avis de FeydRautha, L'épaule d'Orion, avril 2022 (consulté en avril 2022)

2018 Incident at San Juan Bautista (nouvelle, SF ? Fantasy ?), Asimov’s, novembre-décembre 2018

Lien Internet (consulté en novembre 2021)

Allongé sur son lit, August sait que, quand il va ouvrir les yeux, Madeleine sera là. La veille, elle était appuyée contre le bar du saloon, impassible, en le regardant jouer aux cartes. Au bout d'un moment, il a compris qu'elle attendait juste qu'il finisse. L'endroit était plein - des cow-boys californiens, des hommes descendus de la diligence, des joueurs de cartes, quelques soldats en permission.

L'homme qu'August est venu tuer est descendu tard dans la soirée. Il restera à San Juan Bautista deux jours. Il ne connaît pas August. Celui-ci frappera à sa porte plus tard dans la journée ou l'appellera dans la rue, et il le tuera.

August ouvre les yeux. Madeleine est vêtue de la robe chinoise en soie bleue qu’elle portait la veille. Son visage est toujours aussi indifférent. Il a déjà vu ce manque d'expression auparavant, sur un autre visage alors qu’il était dans un tramway, à New York. Avant qu'il ne soit August.

Il lui raconte tout. À dix-sept ans, il a quitté Hambourg et pris un bateau pour l'Amérique. Il est parti à la guerre et en est revenu. À Manhattan, il est devenu dentiste sous le nom de Hiram Andersen. La femme vue alors dans le tramway n’a pas quitté sa mémoire et, l'été venu, il a vendu son cabinet, il est monté à bord d’un train à Omaha, et il a acheté un Colt Single Action Army Peacemaker. Il a trouvé sa voie dans l'Ouest lorsqu'il a tué un voleur de chevaux ivre, presque par accident. Il est devenu August Sutherland deux minutes plus tard. Tout en racontant, il se dit que ce pays a fait d'un garçon innocent un tueur. Ce pays lui a arraché quelque chose.

À son tour, Madeleine lui annonce qu’elle va lui raconter son histoire, mais elle le prévient. Il ne va sans doute pas aimer ce qu’elle va dire. (P.C.)

L'avis de FeydRautha, L'épaule d'Orion, juillet 2022 (consulté en août 2022)

2019 Fire in the Bone (nouvelle, SF), Clarkesworld #148, janvier 2019, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Les robots ont cessé de récolter, il est temps maintenant de glaner les dernières précieuses boles de pakata. Dans quelques jours, le vaisseau qui les emporte vers d’autres planètes partira. Les fêtes commenceront, puis les neiges viendront.

Au banquet, le Dirigeant se félicite de cette mille soixante-seizième récolte, la plus abondante dans l’histoire du Domaine. Néanmoins, il faut rester vigilant. Comme disent les vétérans , les temps les plus calmes sont toujours annonciateurs de danger. Une fois déjà, il a fallu sévèrement réprimer une révolte des robots, comme le rappellent les vitraux de la petite église dans les bois.

Pendant le repas, Albert explique au narrateur que les robots sont devenus si sophistiqués qu'on dirait qu'ils sont conscients, au point qu’ils le croient eux-mêmes. Mais il ne faut pas oublier qu’au final, leur vie n'est qu'un simulacre. Le narrateur, lui, ne pense qu’à son rendez-vous avec elle. Comment la vie de celle qu'il aime pourrait-elle n’être qu’un simulacre ? (P.C.)

L'avis de FeydRautha (sur l'ensemble de la revue, consulté en janvier 2019)

L'avis de Gromovar (consulté en avril 2021)

2019 The Ocean Between the Leaves (novelette, univers Istanbul Protectorate), Asimov’s, juillet-août 2019

Lien Internet (consulté en septembre 2021)

Lien Internet vers la version audio (consulté en novembre 2021)

Feride est chargée de l’entretien des jardins d’un yali, une riche propriété près de la frontière du Protectorat d’Istanbul. Orpheline, elle a un frère qu’elle n’a jamais rencontré. Elle travaille au yali depuis sept ans lorsqu'un jour, elle s'égratigne la main sur une épine. Elle lave la blessure sous le robinet et cesse d’y penser. Le lendemain matin, elle se sent étourdie, instable. Quelques heures plus tard, le jardinier en chef la découvre inconsciente et appelle une ambulance.

Trois mois plus tard, Feride est allongée sur un lit à l’unité des soins intensifs, dans le coma. Le staphylocoque s'est rapidement multiplié dans son sang. Son frère Fahri est à son chevet. Il est harassé mais il doit travailler encore davantage pour payer les soins dont sa sœur a besoin, même s’il ne l’a jamais rencontrée jusqu’alors. Son travail ? Pourchasser des skips qui occupent des réceptacles qu’ils n’ont pas rendus à temps.

Quel rapport peut-il y avoir entre les activités de Fahri et la proposition qu’a faite le Dr Solmaz Haznadar à Feride ? Une issue fatale est irrémédiable mais le départementAvantages théoriques de l'Institut de technologie et de sciences intégrées du Protectorat métropolitain d'Istanbul lui offre une chance de dire au revoir à ceux à qui elle tient. De prendre des dispositions. Trois jours. (P.C.)

L’avis de FeydRautha (consulté en mai 2021)

Repris en podcast dans Podomatic, juin 2019 ; lien Internet (consulté en avril 2021)

Repris dans l’anthologie The Year's Top Hard Science Fiction Stories 4, ed. Allan Kaster, juin 2020

Repris dans l’anthologie The Best Science Fiction of the Year: Volume 5, ed. Neil Clarke, octobre 2020

Repris dans l’anthologie The Year's Best Science Fiction & Fantasy 2020, ed. Rich Horton, décembre 2020

Repris dans Lightspeed #131, avril 2021

Repris dans Forever #79, août 2021

2019 Beyond the High Altar (nouvelle, fantasy), Nightmare #84, septembre 2019, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

"[...] a story set in Afghanistan. The premise is a set of letters purchased in a bazaar outside an air force base in 2006, though the story contained in the letters is clearly older than the present.

It follows the expedition of two men in the mountains and the strange altar their local guides bring them to. [...]" (Alex Granados, Tangent Online, octobre 2019)

2019 The Death of Fire Station 10 (nouvelle, SF), Lightspeed #113, octobre 2019, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Le bâtiment intelligent Centre de Connaissances Communautaire 5401 raconte à Emir Shchegolev, le plus célèbre "cyberpsychologue" du monde à quel point la mort de la Caserne de pompiers 10 l'a profondément affecté. Leurs trois conversations successives, espacées de nombreuses années, permettent de tracer l’évolution de l’habitat humain, des condominiums aux bâtiments reliés par des nanoréseaux, jusqu’aux immeubles d'habitation à filaments capables de modifier leur forme pour suivre le moindre déplacement de leurs habitants et se reformer selon l'heure de la journée pour s'adapter à n'importe quel usage. C’est aussi l’histoire de la conquête de leurs droits par ces édifices dotés de conscience. (P.C.)

À la fin de cette nouvelle, Ray Nayler précise qu’elle est « dédiée à la caserne de pompiers 10, comté d'Arlington, Virginie : démolie en septembre 2018, sans cérémonie, par une communauté en quête d'un avenir sans passé."

Repris dans l'anthologie The Year's Best Science Fiction & Fantasy 2020, ed. Rich Horton, décembre 2020

2019 The Disintegration Loops (novelette, univers Sylvia Aldstatt), Asimov’s, novembre-décembre 2019

Lien Internet (consulté en novembre 2021)

Quand Alvin amène Sylvia Aldstatt à OpsLab, on a déjà branché le sujet. Les câbles mènent à la chaise de Sylvia qui a été modifiée sur sa demande mais qui ressemble toujours à un siège de dentiste, tandis que le casque a l'apparence d'un sèche-cheveux conçu par l'Inquisition espagnole.

Les souvenirs affluent. Un bar d’Oakland, au vingtième étage peut-être. Elle est une femme. À sa table, un homme qu’elle ne regarde pas. Il l’appelle Janice. Elle va aux toilettes, se regarde dans le miroir. Puis une boucle dans la boucle, un autre souvenir. Elle est dans un appartement. Un terravion à l’extérieur l’a réveillée. Sans savoir qu’elle est là, un homme prononce des mots en russe. Une troisième boucle. Les toilettes des femmes. Mais aussi un appartement et un homme qui parle russe. Elle parle : « Tu m’as pris toute mon existence. » Une voix murmure: « C’est nous les gentils. » Le bar, au vingtième étage. Sylvia envoie un signal. Fin de la boucle.

« C’est tout ? » se plaint l’agent spécial Lake du FBI. Alvin lui explique qu’ils ne sont pas des magiciens. Les boucles donnent accès à des souvenirs mais sans possibilité de les choisir. C’est une technologie extraterrestre que personne ne comprend. Une fois Lake parti, Sylvia dit à Alvin qu’elle veut retourner. Elle sent que quelque chose lui a échappé. (P.C.)

L'avis de FeydRautha (consulté en janvier 2022)

2020 Return to the Red Castle (nouvelle, univers Istanbul Protectorate), Asimov’s, mars-avril 2020

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Une femme appelée Irem est interrogée sur son voyage vers une planète lointaine appelée Halis-3. Malgré cinq tentatives de survie sur place, elle a trouvé la planète inhabitable et est morte une sixième fois dans des conditions particulièrement douloureuses. Sa conscience a finalement été renvoyée sur Terre. De retour à Istanboul deux siècles après son départ, dans un nouveau réceptacle, elle se retrouve dans un monde où elle n’a plus aucun repère et où tous ceux qu’elle connaissait sont morts. L’homme qui lui fait face la détrompe.

Elle retrouve Umut, l'androïde qui a été son enseignant quand elle fréquentait le Château Rouge, une ancienne école religieuse rachetée par le Protectorat pour son lycée réservé aux orphelins de guerre. Dans ce décor sinistre, la salle de classe d'Umut rayonnait d'énergie. Irem l’aimait avec cet amour désespéré, immortel et temporaire du lycée.

Si son visage n’a pas vieilli, Umut est cependant différent. Non seulement il ne se souvient pas d’Irem, mais il a oublié avoir passé des années au Château Rouge. Irem découvre alors la tragédie qui a frappé les androïdes pendant son absence. (P.C.)

* Prix des lecteurs d’Asimov’s 2021 : finaliste (meilleure nouvelle)

2020 Albedo Season (nouvelle, SF), Clarkesworld #164, mai 2020, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Lorsque les navettes sont descendues en feu sur cette lune, il ne restait plus que trente-quatre survivants. C'est ce qu'ils ont appelé le fruit de la charrue qui leur a sauvé la vie. L'arbre arrache l'azote du sol avec ses racines étendues et, avec ses tannins, il le rend stérile. Pendant la saison chaude, cependant, il porte un fruit lourd qui s’est avéré bon pour de nombreux usages, y compris nutritifs. Mais c'est le noyau qui a donné son nom au fruit de la charrue. Là se trouve l'azote que les arbres ont volé au sol. Écrasés, les noyaux fertilisent les champs. C'était une vie difficile, mais ils étaient vivants. Et après quelques années, des enfants sont venus au monde.

Des années plus tard, le narrateur anonyme raconte à un (ou plusieurs?) enfant l’histoire de Sonay, la grand-mère de celui-ci. Elle a obtenu un entretien avec les quatre anciens dont les voix sont déterminantes au sein de la communauté. Elle leur explique que, grâce aux enseignements de sa mère biologiste, elle a reconstitué le cycle de vie du fruit de la charrue. Sa conclusion est sans appel. La colonie toute entière est menacée de disparition. (P.C.)

2020 Eyes of the Forest (nouvelle, SF), F & SF, mai-juin 2020

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

Les premiers colons avaient des idées préconçues qui les ont trompés. Une fois qu'ils ont trouvé les grottes, ils ont été heureux d'être en sécurité sous terre. Puis ils ont courbé la lumière du soleil vers des puits pour faire pousser leur propre nourriture dans leurs demeures troglodytes. Seuls, les éclaireurs, dont les meilleurs se distinguent par leurs étranges surnoms, ont commencé à s'aventurer au-delà des grilles de leurs abris.

Sedef, qui a toujours rêvé de les rejoindre, a pour mentor Mutilée par Erreur qui lui apprend à survivre au sein d’une nature aussi belle que dangereuse. Elle lui explique qu'il n'y a pas de prédateurs dans la forêt, seulement des charognards. Les lumières des combinaisons qu’elles portent n'indiquent pas qu’elles sont dangereuses, mais qu’elles sont en vie, ce qui suffit à repousser ces charognards.

Quand elles sont blessées par des lianes-fouets, Mutilée par Erreur utilise leurs derniers kits régénérateurs pour soigner Sedef, au détriment de ses propres chances. Maintenant, sa vie dépend de Sedef qui devra traverser la forêt pour rapporter du dépôt situé à sept heures de marche d’autres kits régénérateurs. (P.C.)

L'avis de FeydRautha (consulté en février 2022)

L'avis de Gromovar (consulté en février 2022)

Repris dans l'anthologie The Best Science Fiction of the Year – Volume 6, ed. Neil Clarke, annoncé pour janvier 2022

2020 Father (nouvelle, univers Sylvia Aldstatt)), Asimov’s, juillet-août 2020

Traduction : Père, traduit par Henry-Luc Planchat, Bifrost n°105, janvier 2022.

Lien Internet (consulté en avril 2021)

En 1938, l’écrasement d’une soucoupe a permis la découverte de technologies extraterrestres qui ont changé la face du monde. C’est ainsi que les routes terrestres sont abandonnées, maintenant que les voitures se déplacent dans les airs.

Le père du narrateur anonyme est mort lors de l’offensive qui a repoussé les communistes au-delà de la Pologne et libéré l’Europe orientale. Il a sept ans en 1956 quand un robot se présente à la porte de la maison familiale, grand et argenté, les yeux parfaitement ronds et d’une lumière orange, un haut-parleur grillagé en guise de bouche. Le robot, prix inespéré remporté par sa mère à une loterie organisée par le ministère des vétérans, lui dit s’appeler Père.

L’arrivée de Père est une aubaine. Il aide le garçon pour ses devoirs de maths, répond à ses questions sans se lasser et dépanne sa mère à la maison. Mais certains, comme Archie, un loubar local, le considèrent comme un simple tas de ferraille et sont prêts à provoquer des drames. (P.C.)

Les allusions à une soucoupe volante extraterrestre découverte en 1938 et à la guerre contre les communistes en Europe rattachent ce récit à l'univers Sylvia Aldstatt. Celle-ci semble d'ailleurs faire une brève apparition dans le récit : "Parmi le groupe se trouvait une femme à peine plus âgée que ma mère, avec des traits anguleux et des cheveux courts. Elle portait une veste de cuir ornée sur l’épaule d’un badge du Technical Corps de la générale Hedy Lamarr." (Traduction de Henry-Luc Planchat, Bifrost 105, janvier 2022).

L’avis de FeydRautha (consulté en avril 2021)

L'avis d'Apophys (consulté en octobre 2021)

Repris dans l'anthologie The Year's Best Science Fiction: Volume 2, ed. Jonathan Strahan, septembre 2021

Repris dans l'anthologie The Year's Top Tales of Space and Time, ed. Allan Kaster, septembre 2021

Repris dans l'anthologie The Year’s Top Robot and AI Stories #2, ed. Allan Kaster, 2021

* Prix des lecteurs d’Asimov’s 2021 : finaliste (meilleure nouvelle)

2020 The Swallows of the Storm (nouvelle, SF), Lightspeed #122, juillet 2020, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Le premier incident se produit en Géorgie, dans les montagnes du Caucase. Une jeune fille de onze ans, Nino Makhviladze, voit un corbeau tomber du ciel. Elle le ramasse et remarque, à travers sa poitrine, un trou circulaire net, de la taille d'un doigt, qui lui traverse tout le corps. Il y a peu de sang et le trou est si bien fait qu'on peut regarder à travers. Rentrée chez elle, elle enterre le corbeau dans le jardin. Puis elle s'allonge sur le canapé pour rêver à sa future vie de scientifique.

Des années plus tard, la petite fille, devenue la docteur Makhviladze, biologiste pour le ministère de l'intérieur, est appelée à tirer les enseignements de ses recherches devant le Sénat.

Pendant toutes ces années, elle a enquêté sur des centaines de morts d’animaux et parfois d’humains, sur des trous qu’elle a découverts un peu partout. Des trous, toujours de la même taille. Un individu resté anonyme lui a même donné un étrange petit cylindre composé de ce qui ressemble à une série de membranes monocouches, bicouches et tricouches à l'intérieur.

Pendant ce temps, les incendies des forêts californiennes causent des milliers de décès, le fleuve Hudson envahit le hall ensablé de l'Empire State Building, les Maldives cessent officiellement d'exister et les vagues rayent de la carte des îles micronésiennes entières. (P.C.)

2020 Outside of Omaha (nouvelle, fantasy), Nightmare #96, septembre 2020, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en avril 2021)

"An Omaha farmer orders a catalog bride[...]. What he gets is a quiet woman from eastern Europe with a blunt response to the neighboring families.

The bride wants to be alone, treating their farmhouse as a sanctuary. And because of his lawless past, that’s fine by the husband. He isn’t even upset when he discovers her discarded skin one day. He just waits for her to return from her wanderings. [...] " (Kevin P Hallett, Tangent Online, octobre 2020)

2021 A Rocket for Dimitrios (novella, univers Sylvia Aldstatt), Asimov’s, janvier-février 2021

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

Sylvia est envoyée en mission à Istanbul. Selon un certain Dimitrios Makropoulos, il existerait une seconde soucoupe volante extraterrestre, qui se serait écrasée en mer, après celle récupérée par les Américains en 1938. Son éventuelle découverte par les Russes bouleverserait le statut géostratégique mondial. Malheureusement, le corps de Dimitrios vient d’être repêché dans le Bosphore. Sylvia est chargée d’extirper de son cerveau le maximum d’informations utiles en utilisant la technologie extraterrestre des boucles.

Elle se retrouve dans un bâtiment à demi abandonné où les techniciens de l’OSS ont installé sa chaise de boucles. Alvin est présent, ainsi que l’inspecteur en chef Refik Bayar, le centre de tout le réseau d’informateurs du Protectorat d’Istanbul, celui qu’on surnomme le Pêcheur. Avant qu’elle commence, il tient à lui donner des renseignements sur Dimitrios dont le corps est étendu sur une civière, caché par une tenture. Ce n’était pas un assassin, ni un espion, ni un politicien corrompu, ni un membre d’une quelconque mafia. Il était le lien entre tous ceux-ci, l’homme qui, restant dans l’ombre, scellait et garantissait les accords. Mais, pour une fois, ce menteur invétéré a peut-être dit la vérité à propos de la soucoupe. (P.C.)

L'avis de FeydRautha (consulté en janvier 2022)

* Prix Asimov's 2021 : finaliste (meilleure novella)

* Prix Locus 2022 :25e place (novella)

2021 The Shadow of His Wings (nouvelle, SF), Analog, mars-avril 2021

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

Dans le désert du Karakoum, Bashim et trois des plus vieux wallahs sont assis autour du feu de camp pendant qu’Armen, son frère aîné, prépare les cuisses de dinde qu’il a reçues des cheikhs. Bashim raconte avec fierté comment il s’est distingué en arrivant le premier au buggy accidenté d’un des cheikhs, pendant une chasse au faucon. Plus tard, Armen demande à Bashim de dormir loin du camp ce soir-là, sans donner d’explications. Malgré sa colère, Bashim obéit à son grand-frère.

Comme il ne parvient pas à s’endormir, il ouvre sa boîte de thé en métal. Il sort délicatement l'oculus d'enseignement, cadeau d’Armen. Le programme "English for All" est chargé dedans. C'est la plus précieuse possession de Bashim.

L'oculus ronronne puis l'avatar au chapeau haut-de-forme apparaît, de la moitié de la taille d'un homme, se tenant à une vingtaine de centimètres au-dessus du sol de la tente. Il se tourne vers Bashim et sourit. Bashim choisit un exercice de grammaire mais il est plus fatigué qu'il ne le pensait, et finit par s'endormir.

Il est brusquement réveillé par l’avatar qui lui dit de se lever, de prendre de l’eau et de la nourriture, et de fuir le camp pour se cacher dans une grotte proche. Dehors, il entend des bruits de tirs d'armes légères et des cris. (P.C.)

La connexion avec le Protectorat d'Istanbul est très ténue. Le faucon dans lequel est réincarné le cheikh Ahmad bin Sa’id vante les beautés de Londres, qui est "à [s]on avis, [...] supérieure même au Protectorat d'Istanbul".

* Prix Locus 2022 : 43e place (nouvelle)

2021 Sarcophagus (novelette, univers Istanbul Protectorate), Clarkesworld #175, avril 2021, accompagné du podcast

Traduction : Sarcophage, traduit par Henry-Luc Planchat, Bifrost n° 107, juillet 2022

Lien Internet (consulté en avril 2021)

Le narrateur anonyme énumère les trois raisons du désastre : des estimations incorrectes sur les températures de la planète, la mort de ses compagnons pour des raisons inconnues, et le fait que de nombreux dépôts sont perdus, endommagés ou hors d’atteinte.

Sans beaucoup d’illusions sur ses chances de succès, il décide d’aller au plus proche dépôt, à trente kilomètres de là. Ses enregistrements seront accessibles à sa sauvegarde avant sa transmission à la station relais et à la Terre. Il implore qu’on ne le mette pas dans un nouveau réceptacle, qu’on ne le tue pas une nouvelle fois. Il espère se réveiller sur Terre, dans six cents ans, devant une tasse de café. (P.C.)

L’avis de FeydRautha (consulté en avril 2021)

* Prix Clarkesworld 2021 : 4e place (meilleure histoire)

* Prix Theodore Sturgeon 2022 : finaliste

* Prix Locus 2022 : 26e place (novelette)

2021 Año Nuevo (novelette, SF), Asimov's, mai-juin 2021

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

"[...] Bo’s mother attempts to reconnect with a family outing, taking him to the beach to see the enigmatic lifeforms that have become a standard curiosity of Earth life. On the tour, the aliens appear unimpressive, standing there unmoving in the distance like so many trees. When the two sneak off for an up-close view and Bo touches one, we feel his sense of wonder, and the narrative begins to change in subtle ways, not just for Bo, but for anyone who’s been close to these silent, magnificent creatures. [...]" (Michelle Ristuccia, Tangent Online, mai 2021)

* Prix Asimov's 2021 : finaliste (meilleure novelette)

2021 Yesterday's Wolf (nouvelle, SF), Clarkesworld #180, septembre 2021

Lien Internet (consulté en septembre 2021)

Dans un village d’Asie Centrale, alors qu’une nouvelle fois, un loup a dévoré un mouton du troupeau, le père d’Elmira rapporte ce qui ressemble au squelette d’un énorme chien. Il la regarde l’air interrogatif, comme chaque fois qu’il s’agit de technologie. Au fil des ans, il lui a apporté des terminaux, des guides de programmation et des cartes électroniques. Il lui a même donné de l’argent pour qu’elle s’entraîne dans les cybercafés.

Elle isole le processeur, le déconnecte du châssis, et travaille sur le nouveau code pendant trois jours. Ces choses ont été conçues pour fonctionner en toute indépendance pendant des années, patrouillant dans des zones où les soldats ordinaires ne pouvaient pas aller. Évidemment, après la guerre, il est devenu impossible de revenir dans les pâturages pendant une décennie. Ceux qui ont essayé ont été déchirés en morceaux. Mais finalement, les kara itter - les chiens noirs - ont cessé de bouger, un par un. Les pâturages d'été sont redevenus sûrs, sauf pour les mines ou les bombes occasionnelles. Elmira regarde son kara it qu'elle a appelé Batyr – Guerrier. En quelques jours, il a déjà prouvé son efficacité. Derrière elle, elle entend le bourdonnement d’un véhicule électrique. Elle sait de qui il s’agit et ne se retourne pas. Les restes de robots militaires non désarmés et les loups ne sont pas les seuls dangers dans ce pays où les hommes enlèvent les femmes et les violent pour les contraindre au mariage. (P.C.)

L'avis de FeydRautha (consulté en novembre 2021)

* Prix Clarkesworld 2021 : victoire (meilleure histoire)

* Prix Clarkesworld 2021 : victoire (nouvelle)

2021 Muallim (nouvelle, SF), Asimov's, novembre-décembre 2021

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

Maarja est venue par hexcoptère à Khynalyg, le plus haut village d'Azerbaïdjan, pour évaluer un projet pilote. Un robot, Muallim, a été envoyé pour remplacer les étudiants qui abandonnaient dès que possible leur poste d'enseignant en ces lieux si inhospitaliers.

De son côté, Irada, qui est forgeronne comme sa mère et sa grand-mère, répare les bosses et éraflures dont Muallim s'obstine à lui cacher l'origine. Elle sait que, pour certains, le robot est une offense à Dieu.

Dans son rapport, Maarja, en permanence frigorifiée comme elle ne l’a jamais été dans son Estonie natale, tire un constat d'échec de l'expérience. À l’origine, vingt-cinq élèves devaient bénéficier de l'unité Muallim. En fait, cinq élèves seulement fréquentent l'école. Compte tenu de ce nombre, aucune des réalisations cibles ne sera atteinte.

Le sort de Muallim paraît scellé, mais tous ne l'entendent pas ainsi. (P.C.)

* Prix Asimov's 2021 : finaliste (meilleure nouvelle)

2022 Summer Castle (nouvelle, slipstream ?), Nightmare # 113, février 2022, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en mars 2022)

Le narrateur a passé au moins cinq, peut-être sept étés au château. Dans ce pays germanophone, les enfants arrivaient toujours en train et une voiture les conduisait auprès de leur grand-père qui les attendait au château, comme s’ils étaient les invités les plus distingués.

Leur père les rejoignait parfois, un homme traumatisé par une guerre qui a coûté la vie aux soldats qui l'entouraient. Les enfants étaient heureux dans le château d'été, malgré le grondement des canons, parfois si proche.

Pourtant le narrateur se méfie de ses souvenirs. Il a passé sa vie à essayer de comprendre ce qu'est cette chose appelée mémoire. Il sait au moins ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas le contraire de l'oubli. Et ce n'est pas un simple enregistrement de ce qui s'est passé. (P.C.)

2022 Mender of Sparrows (novelette, univers Istanbul Protectorate), Asimov's, mars-avril 2022

"Mender of Sparrows” by Ray Nayler takes place in Istanbul, at a future time when consciousness can be uploaded into a new body. There are also androids, who are treated as second-class citizens. The protagonist is unique, in that his consciousness was transferred into an android body instead of a human one. He discovers a bird containing a human consciousness, an illegal procedure that leads to a revolutionary change in the accepted philosophy of mind. It also leads him to reconsider his own nature. [...]" (Victoria Silverwolf, Tangent Online, février 2022)

2022 Rain of Days (nouvelle, SF), Clarkesworld #186, mars 2022

Lien Internet (consulté en mars 2022)

La pluie n’a pas cessé depuis maintenant dix jours. Tant mieux pour la sécheresse et les incendies, dommage pour les coulées de boue et les crues soudaines. Dans le phare converti en maison de retraite, on se prépare à affronter l’ouragan qui menace. Il ne reste que cinq résidents dans un établissement construit pour une centaine de personnes.

C’est Deadwife qui a choisi l’endroit. Elle adorait la plage, comme tous ceux qui n’ont pas grandi près de l’océan. Les autres savent que ce no man's land où la terre et la mer se rencontrent est un cimetière. Deadwife a choisi cet endroit et Sandra a approuvé. Comme toujours. Alors elles ont signé le contrat et se sont enfermées. Puis le monde a changé, Deadwife est morte et elles ne sont pas deux à finir ici, seulement Sandra qui a décidé de ne plus jamais appeler sa compagne par son vrai nom.

Sandra suit une thérapie de la mémoire, mais l’avatar corporel du Dr Kyzlak lui reproche son manque de coopération. Il pense qu’elle ne veut pas vieillir, ne pas oublier les gens qu’elle aime. Annabel aussi lui conseille d’être plus positive, de dominer sa colère, ne serait-ce qu’à l’égard des robots de service. Pendant ce temps, l’ouragan approche. (P.C.)

2022 Fostering (nouvelle, SF), site web Motherboard, Tech by Vice, juillet 2022

Lien Internet (consulté en juillet 2022)

En voyant Emre perdu dans la contemplation d’un lézard, le narrateur sort dans la fournaise et va lui expliquer qu’étant enfant, il essayait souvent de les attraper. Mais il faut faire attention, sinon leur queue se détache. C'est un mécanisme de défense. Puis il prend une épuisette et montre à Emre comment écumer les feuilles à la surface de la piscine avant qu’elles ne bouchent le filtre. En le regardant faire, il se demande comment équilibrer les comptes, conjurer les catastrophes imminentes, éteindre les feux de brousse qui menacent ce petit endroit. Emre est déjà passé à autre chose et observe un scarabée qui reflète la lumière. Quand les ailes s'ouvrent, elles tournent comme des pales d'hélicoptère. C’est un drone que le garçon a repêché de la piscine.

Le problème avec l’accueil, c’est qu’on a une idée de ce qu’ils doivent savoir, mais pas de ce qu’ils ignorent. De quoi auront-ils besoin pour survivre là-bas ? On ne sait pas où ils vont aller. On ne peut que deviner. Les manuels ne peuvent pas enseigner comment réussir en matière d’accueil. Sinon, il n'y aurait pas autant d'échecs. Le narrateur a simplement appris à écouter, à être attentif au monde.

Au milieu de la nuit, son terminal émet un bip. En entrant dans la cuisine, il voit la lueur verte de la bannière. Sur l’écran, tout est dans les 90 % et le commentaire tient en une seule ligne : "Tout ce qui approcherait davantage la perfection semblerait juste faux." Il se presse les doigts sur les tempes. Un jour, la bannière sera rouge, ça finira bien par arriver. Mais ce ne sera pas la fin du monde. Personne n'est parfait. (P.C.)

LIENS INTERNET

Site personnel :

https://www.raynayler.net/ (consulté en janvier 2022)

Compte Twitter :

https://twitter.com/raynayler (consulté en novembre 2021)

Encyclopedia of Science Fiction :

rien

Internet Speculative Fiction Data Base :

https://www.isfdb.org/cgi-bin/ea.cgi?15019 (consulté en janvier 2022)

Wikipedia :

rien

NooSFere :

rien

Quarante-Deux :

rien