Vina Jie-Min Prasad

BIOGRAPHIE

Vina Jie-Min Prasad est née et a longtemps vécu à Singapour où elle a acquis une formation en recherche historique. En 2008, elle est sortie diplômée de la Dunham High School.

Son goût pour la science-fiction s'est manifesté dès son plus jeune âge quand elle a découvert Ghost in the Shell sur le câble. Après cela, elle a emprunté Neon Genesis Evangelion et Serial Experiments : Lain dans la collection VHS de la bibliothèque. C'est d'ailleurs Ghost in the Shell qui a fait du cyberpunk son sous-genre préféré.

Le long intervalle qui a séparé Harry Potter and the Goblet of Fire (2000) de Harry Potter and the Order of the Phoenix (2003) lui a donné l'occasion de rencontrer le monde du fandom. Ses débuts dans l'écriture n'ont cependant eu lieu que quelques années plus tard avec la sortie du reboot de Star Trek par J.J. Abrams, dont le nouvel univers l'a décidée à se lancer dans la fanfiction. Elle avait alors dix-neuf ans. Ses principales inspirations étaient Le Moine de Matthew Gregory Lewis et Jojo's Bizarre Adventure, le manga de Hirohiko Araki.

En 2013, alors qu'elle était étudiante en 4e année d'histoire, elle a reçu le deuxième prix au premier concours d'écriture créative organisé avec la collaboration du Centre de l'Union européenne à Singapour. Sa contribution avait pris la forme d'une lettre à l'UE écrite par une pie-grièche schach.

C'est en 2017 qu'elle s'est fait remarquer dans le monde de la science-fiction avec deux nouvelles, A Series of Steaks et Fandom for Robots, qui se sont retrouvées aux sommaires d'une quantité d'anthologies dont plusieurs Year's Best et lui ont valu des sélections aux prix Hugo, Nebula, Locus, Theodore Sturgeon et autres. A Series of Steaks a d'ailleurs remporté le prix 2017 des lecteurs de Clarkesworld pour la meilleure nouvelle tandis que Fandom fot Robots terminait à la deuxième place du prix Hugo 2018 de la meilleure nouvelle.

Peu après la parution de A Series of Steaks, elle a participé, pendant six semaines au Clarion West Writers’ Workshop, un atelier d'écriture réputé, qui lui a permis d'améliorer ses techniques littéraires.

Sa nouvelle A Guide for Working Breeds, publiée en 2020, a atteint la troisième place du prix Hugo 2021.

Elle a été finaliste du prix John W. Campbell du meilleur nouvel auteur 2019.

Sur son site personnel, elle dit travailler contre le « monde-machine ». Il s'agit d'une allusion à la nouvelle de James Tiptree Jr The women men don't see, 1973 (en français : Vol 727 pour ailleurs) : "Survivre, voilà ce que font les femmes. Nous subsistons individuellement, ou à deux, dans les interstices de l’immense machine qu’est votre monde."

Il a suffi de quelques textes pour qu'elle crée, sinon un univers cohérent, du moins un style très personnel. Celui-ci associe pêle-mêle, sans grand respect des frontières qui séparent les différents sous-genres de l'imaginaire, un intérêt marqué pour la nourriture, pour la mode vestimentaire et, au-delà, pour la pop-culture, ainsi qu'un indéniable talent pour des scènes résolument macabres et la description de sexualités hors-normes.

Il semblerait que Vina Jie-Min Prasad vive actuellement à Londres.

Sources :

Site personnel de Vina Jie-Min Prasad, interview par Caroline M. Yoachim pour Uncanny, interview par Patrick Dechesne pour Jentayu, interview par J. Pilapil Jacobo pour Queer Southeast Asia : A Literary Journal of Transgressive Art

SÉLECTION DE RÉCITS

2013 (?) Flesh and Bone (SF), ???

Nouvelle écrite pour le prix James White (interview de Vina Jie-Min Prasad dans Queer Southeast Asia : A Literary Journal of Transgressive Art, septembre 2016)

"Pour cette histoire, j'ai lu beaucoup d'articles de presse sur l'impression 3D. Ensuite, j'ai essayé d'extrapoler les implications culturelles si elle se répandait, et je les ai utilisées comme point de départ. [...] Je voulais que ce monde soit ancré dans les faits. L'histoire est venue assez rapidement après les recherches. J'ai créé des personnages et une intrigue qui tireraient le meilleur parti du monde que j'avais conçu. Je n'étais pas consciente de l'aspect "queer" de mon histoire en l'écrivant, mais ça ne me gêne nullement qu'elle soit interprétée comme un texte queer." (interview par J. Pilapil Jacobo, Queer Southeast Asia : A Literary Journal of Transgressive Art, septembre 2016, trad. P.C.)

* Prix James White 2014 : victoire (mentionspéciale)

2016 Different Ways to Burn (nouvelle, imaginaire), anthologie Heat : A Southeast Asian Urban Anthology, ed. Khairani Barokka & Yi-Sheng Ng , avril 2016

Sur la table du Défi annuel du chili de l’université, les piments paraissent inoffensifs, mais ils brillent dans la lumière fluorescente comme des balles. Ils sont disposés en rangées de cinq, bien que personne n'ait réussi à dépasser le nombre de trois. Le Samsui Hat est un chili local, un croisement singapourien entre le piment padi et le Scotch Bonnet, le piment écossais. Petit, rouge, mortel.

Kiat Wee élabore sa stratégie. Deux bouchées pour faire glisser le premier et passer au tour suivant. C’est alors que survient Arun qui lui fait admirer sa tenue, une boucle d'oreille en forme de piment à l’oreille droite et une chemise Red Hot Chili Peppers, associée à un jean cramoisi odieusement serré. Kiat Wee se sent presque gêné de l'avoir comme rival, mais il n’a aucune inquiétude et se prépare à gagner.

Arun n'a jamais aimé le chili. Cependant, Arun aime Kiat Wee, sans le lui avoir jamais dit. C'est un problème, parce que Kiat aime le chili. Ou plutôt, Kiat traite le chili comme une religion, il passe ses week-ends à chercher de la nourriture de plus en plus épicée juste pour prouver qu'il peut le faire. La compétition commence. (P.C.)

2016 The Spy Who Loved Wanton Mee (nouvelle, SF), Queer Southeast Asia : A Literary Journal of Transgressive Art, septembre 2016

Lien Internet (ensemble du magazine, consulté en octobre 2021)

John Black aime prendre un bon petit-déjeuner avant de liquider quelqu’un. Jus d'orange, œufs brouillés, tranches de bacon fumé et pain grillé mettent en valeur le plus banal des assassinats. Au Kong Kong Chit Coffeeshop de Singapour, le choix est limité : des toasts brûlés avec de la confiture de noix de coco ou le Hercule Roast Delight du jour. La tâche de Black est simple : éliminer l'agent Onze qui a fait défection pour SHADOW il y a un mois et qui a récemment été vu en compagnie d'Adenine Chan, la jeune directrice de la start-up de séquençage d'ADN 44and2. Il est prié d’éviter des dommages collatéraux et de faire profil bas. La garde-robe fournie par le Contrôleur consiste en trois paires de shorts cargo Topman, cinq T-shirts souvenirs de diverses destinations touristiques asiatiques et un jeu de tongs Rip Curl. Black se décide pour le Hercule Roast Delight. C’est Hercule Leow lui-même, "la prochaine grande toque de Singapour", qui le lui apporte. Âgé d’une vingtaine d’années, il déclare n’avoir aujourd’hui que des wanton mees et explique à Black de quoi il s’agit. Celui-ci comprend qu’il s’agit de ce qu’en Grande Bretagne, on appelle des wonton noodles, avec un ‘O’ alors que wanton avec un ‘A’ a une connotation sexuelle. Black jette un coup d’œil sur l’entrée du bureau d’Adenine Chan, de l’autre côté de la rue. Aucune trace d’elle, ni d’Onze. Son observation est interrompue par Hercule qui dépose un plateau devant lui. Black prend le temps de savourer le mélange de crevettes, de porc tendre et de châtaignes d'eau. Finalement, il y a pire comme mission. (P.C.)

2017 A Series of Steaks (novelette, SF) Clarkesworld #124, janvier 2017, accompagné du podcast

Traduction : Steaks en série, traduit par Patrick Dechesne, Jentayu n° 10 L'Avenir, 2019

Lien Internet ( consulté en février 2017)

Helena est devenue une experte dans l’art délicat de la reproduction de viande de bœuf à l’aide d’une d’imprimante 3D reconfigurée et de cellules vivantes : couleur, texture, proportion et nature du gras. Elle espère que sa petite entreprise personnelle lui rapportera assez d’argent pour s’acheter un nouveau nom. Seulement, la confection de viande de bœuf artificielle est considérée comme une fraude et donc un délit quand elle se fait passer pour authentique. Helena doit faire preuve de discrétion et se contenter de petits marchés.

Un jour, un correspondant anonyme lui passe une énorme commande de deux cents côtes de bœuf. La complexité de la tâche, la quantité demandée et le délai très court l’incitent à repousser l’offre jusqu’à ce que le mystérieux client menace de révéler le trouble passé d’Helena. (P.C.)

Repris dans l'anthologie The Year's Top Ten Tales of Science Fiction 10, ed. Allan Kaster, 2018

Repris dans l'anthologie The Best Science Fiction & Fantasy of the Year : Volume Twelve, ed. Jonathan Strahan, mars 2018

Repris dans l'anthologie The Best Science Fiction of the Year: Volume 3, ed. Neil Clarke, avril 2018

Repris dans l'anthologie The Year’s Best Science Fiction: Thirty-Fifth Annual Collection, ed. Gardner Dozois, juillet 2018

Repris dans l'anthologie The Apex Book of World SF: Volume 5, ed. Cristina Jurado, septembre 2018

Repris dans l'anthologie World Science Fiction #1: Visions to Preserve the Biodiversity of the Future, ed. Francesco Verso, septembre 2019

Repris dans l'anthologie Nebula Awards Showcase 2019, ed. Silvia Moreno-Garcia, septembre 2019

Repris dans l'anthologie The New Voices of Science Fiction, ed. Hannu Rajaniemi & Jacob Weisman, novembre 2019

Repris dans l'anthologie Clarkesworld: Year Eleven, Volume One, ed. Neil Clarke, novembre 2019

* Prix Clarkesworld 2017 : victoire (meilleure histoire)

* Prix Locus 2018 : 19e place (meilleure novelette)

* Prix Hugo 2018 : 3e place (meilleure novelette)

* Prix Theodore Sturgeon Memorial 2018 : 3e place (meilleure oeuvre courte SF)

* Prix Nebula 2018 : finaliste (novelette)

2017 Fandom for Robots (nouvelle, SF) Uncanny #18, septembre-octobre 2017

Lien Internet (consulté en décembre 2017)

Computron est un robot des années 1950 à l’apparence complètement dépassée qui ne sert plus qu’à répondre aux questions des visiteurs du Simak Robotics Museum. Un jour, une jeune fille lui parle d’une série animée japonaise Hyperdimension Warp Record. Il ne la connaît pas mais se renseigne et sa vie va être changée, surtout quand il va découvrir ce que recouvre le terme de fanfiction. (P.C.)

Repris dans l'anthologie Event Horizon 2018: An Anthology of Authors Eligible for the John W. Campbell Award for Best New Writer, ed. Jake Kerr, mars 2018

Repris en podcast dans Escape Pod #624, avril 2018 : lien Internet (consulté en février 2022)

Repris dans l'anthologie The Year's Best Science Fiction & Fantasy, 2018 Edition, ed. Rich Horton, juillet 2018

Repris dans l'anthologie Nebula Awards Showcase 2019, ed. Silvia Moreno-Garcia, septembre 2019

Repris dans l'anthologie The Best of Uncanny, ed. Lynne M. Thomas & Michael Damian Thomas, décembre 2019

Repris dans l'anthologie We, Robots, ed. Simon Ings, décembre 2020

Repris dans l'anthologie The Best of World SF – Volume 1, ed. Lavie Tidhar, avril 2021

* Prix Hugo 2018 : 2e place (meilleure nouvelle)

* Prix Locus 2018 : 5e place (meilleure nouvelle)

* Prix Nebula 2018 : finaliste (nouvelle)

* Prix Theodore Sturgeon 2018 : finaliste (meilleure oeuvre courte SF)

2017 Portrait of Skull with Man (nouvelle, SF) Fireside #49, novembre 2017

Lien Internet (consulté en février 2020)

"Bonjour et merci de me lire. Je suis un mannequin expérimenté, âgé de 27 ans, chinois et je mesure 175 cm (si cela vous paraît l'important, le crâne que je tiens provient d'un homme européen de 30 ans qui mesurait environ 180 cm.)

Je suis disponible pour des séances de photos non conventionnelles, mais je dois être représenté avec le crâne. C'est ABSOLUMENT non négociable. Alors, si vous êtes dans des trucs du genre Memento Mori, ne laissez pas passer cette chance !"

Matériellement, Richard n'a laissé à son amant, le narrateur, qu'un crâne qu'il utilise pour ses séances de pose. Mais ce qui pèse le plus n'est-il pas le souvenir de cet amour hors norme où chacun prenait plaisir à provoquer son partenaire ? (P.C.)

2018 Pistol Grip (nouvelle, SF), Uncanny #21, mars-avril 2018

Lien Internet (consulté en février 2020)

Tu enfonces le canon de l'Aegis-IV Longslide dans le cul de ton partenaire. Il se cambre, se pousse contre toi, fait glisser le canon de l'arme plus loin, une invitation tacite à saisir sa bite et à la serrer fermement. Il suffit d'un simple mouvement pour qu'il émette un gémissement étouffé et que son sperme gicle sur ta main. Tu maintiens ta main doucement appuyée contre sa joue en écoutant le rythme régulier de sa respiration.

Tu l’as rencontré pour la première fois lorsqu’on était sur le point de te remplacer. Tu es l'un des rares supersoldats de la série R9 encore en vie, et tes améliorations biologiques et tes besoins nutritionnels obsolètes ont fait de toi une ressource trop coûteuse à entretenir. Lors des tests, les manipulateurs ont vite conclu que l'élimination sera la mesure la plus adaptée. Tu sens que la retraite est inévitable. C’est alors qu’un homme frappe au mur de ta cellule, de la série E4, maigre, petit et couvert de sang, un pistolet Aegis-IV Longslide à la main.

C'est le début d'une étrange relation mêlant assassinat, vengeance et amour. (P.C.)

Pistol Grip est le dernier récit que Vina Jie-Min Prasad a écrit lors de sa participation à l'atelier d'écriture Clarion West.

2019 Black Flowers Blossom (novelette, science-fantasy lovecraftienne), Uncanny #31, novembre 2019, accompagné du podcast

Lien Internet (consulté en novembre 2019)

Le détective de l’occulte raconte les événements du White Studio à ce qui a adopté l'apparence d'un des neveux de son client et feint d’être naïvement surpris à chaque tournant dramatique.

Il a tracé un large cercle de défense, il a dessiné les signes du rituel Saaamaaaaa à l'intérieur, et il a placé son Pentacle électrique tout autour. Vers trois heures du matin, une silhouette blanche argentée s'est manifestée dans la pièce. Sa partie supérieure avait pris la forme d'un visage humain blanc perle, les lèvres recourbées en un rictus malveillant. Contrairement aux présomptions du détective, les tubes à vide ne repoussaient pas l'être, mais constituaient plutôt une source de fascination pour lui. C'est alors qu’il a compris l'étendue de son péril. Comment faire face à une créature qui se développait dans le vide, et qui n'aimait pas les ténèbres mais la lumière ? Les tubes se sont brisés dans un éclair mortel, et la créature-lumière en est sortie. Une voix profonde a prononcé la Dernière Ligne Inconnue du Rituel Saaamaaa et, quand il a enfin eu le courage de rouvrir les yeux, la créature de lumière avait disparu.

Le détective comprend que ce qui l’écoute est bien placé pour connaître la fin de l’histoire et avoue que sa forme même l'a fait trembler de désir dès cette rencontre. Les tentacules de ce qui lui fait face s'échappent de sa combinaison. Le détective montre sa chambre à la créature, il aimerait beaucoup la connaître mieux.

C’est le début d’une relation singulière qui, à travers le temps, va unir, dans la lutte contre une secte et dans une sexualité débridée, un détective qui change de genre au fil des réincarnations, et un être d’une nature incompréhensible pour l’humanité. (P.C.)

2020 A Guide for Working Breeds (nouvelle, SF), anthologie Made to Order: Robots and Revolution, ed. Jonathan Strahan, mars 2020

Lien Internet (consulté en janvier 2022)

Un dialogue sous forme de chats confronte essentiellement un robot fraîchement sorti d’usine, Default Name (K.g1-09030), et un robot plus mûr, Constant Killer (C.k2-00452), qui se voit contraint de lui servir de parrain. Des informations issues de fichiers informatiques complètent le récit.

Default Name remercie Constant Killer de devenir son parrain [mentor] même s’il sait que celui-ci a été choisi au hasard et qu’il s’agit d’une tâche obligatoire. Puis il expose son problème. Les humains qu’il a interrogés disent que les chiens qu’il croit voir ne sont en fait pas des chiens. À vrai dire, il n’est pas totalement sûr qu’il s’agissait d’humains. C'était peut-être des chiens. Constant Killer surmonte son étonnement et trouve une solution mais, à posteriori, Default Name regrette un peu les chiens. Impressionné par le nom de son parrain, il va réfléchir à un nouveau patronyme.

De son côté, l’administrateur de Killstreak félicite Constant Killer. Il est le tueur numéro un de la région d’Ariaboro. Son prochain adversaire sera Shea Davis. Par ailleurs, le programme de parrainage le prévient que sa demande d’exemption a été rejetée.

D’abord réticent, Constant Killer va se prendre d’amitié pour son filleul robotique et leur coopération changera leur destin à tous les deux. (P.C.)

Repris dans l'anthologie The Year's Best Science Fiction: Volume 2, ed. Jonathan Strahan, septembre 2021

Repris dans Tor.com, mars 2020

Repris dans l'anthologie The Year’s Top Robot and AI Stories #2, ed. Allan Kaster, novembre 2021

* Prix Locus 2021 : 14e place (meilleure nouvelle)

* Prix Hugo 2021 : 3e place (meilleure nouvelle)

* Prix Nebula 2021 : nomination (nouvelle)

* Prix Theodore Sturgeon 2021 : finaliste (meilleure œuvre courte SF)

SÉLECTION D'ESSAIS

2004 Raffles Institution (hors genre), Singapore Infopedia

Lien Internet (consulté en février 2022)

Devoir d'étudiante (?) sur une des plus vieilles écoles de Singapour

LIENS INTERNET

Site personnel :

https://vinaprasad.com/

Encyclopedia of Science Fiction :

rien

Internet Speculative Fiction Data Base :

https://www.isfdb.org/cgi-bin/ea.cgi?243823

Wikipedia :

https://en.wikipedia.org/wiki/Vina_Jie-Min_Prasad

NooSFere :

rien

Quarante-Deux :

rien